Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

V





Verrouillage 

Si une situation est telle qu'il faille laisser seul pendant un moment un petit enfant endormi, que fait-on en général ? On se dit que le plus grand péril serait que l'enfant se réveille, s'aperçoive qu'il est seul, sorte de son lit, effrayé, quitte sa chambre.  Cela est plus probable qu'une intrusion.  On se prémunit en partie de ces dangers en verrouillant les issues. 
Si toutefois on se dit que le plus grand péril, dans un certain contexte, est l'incendie ou la fuite de gaz ou l'affolement de l'enfant face à une porte qu'il n'arrive pas à ouvrir, on ferme la porte mais pas à clef.
Si la porte n'est pas verrouillée, le sens commun veut que, découvrant que l'enfant n'est plus là et le sachant capable de se lever la nuit, ne serait-ce que pour s'installer dans le lit de ses parents, l'on imagine cet enfant dans le jardin ou la rue, cherchant ses parents ou du réconfort. Si cet enfant se fait par exemple renverser par une voiture dans une rue mal éclairée, y a-t-il négligence parentale ?








 

Vérité, mensonge et non-vérité  
Le PR JMM l'a écrit ou signé, les MC et leurs amis n'ont pas dit toute la vérité dans leurs dépositions. Interrogé devant le tribunal (janvier 2010), JMM a rectifié le mot "mensonge", trop brutal sans doute, et a préféré l'édulcoré "non-vérité". Tenons-nous en là. Des non-vérités pour dissimuler probablement assez peu de choses mais qui ont eu un impact énorme (et peut-être fatal) sur le déroulement de l'enquête.
JMM l'a dit devant la Cour, "le couple a menti à la police sur la durée pendant laquelle ils ont laissé Madeleine seule".
 



Victime  
Celle qui souffre d'avoir souffert et à qui on doit toujours quelque chose au nom de la souffrance passée.


Vie privée
À partir du moment où l'on laisse les médias s'emparer de ne serait-ce qu'un petit morceau de sa vie privée, on ne peut pas s'indigner de constater qu'elle est devenue un "sujet". L'effet boomrang est inévitable. Une fois aiguisée sa curiosité, le public s'approprie tel aspect de votre vie privée et, lui donnant une importance outrée, en fait sa chose. On est dès lors pris au piège. Mais jouent aussi l'aspect vertigineux, la célébrité soudaine, une certaine satisfaction narcissique.
Dans l'affaire MC, la célébrité des parents, découlant de l'hypothétique enlèvement, a sûrement fonctionné comme une distraction au sens pascalien.