Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

V





Verrouillage 
Si une situation est telle qu'il faille laisser seul pendant un moment un petit enfant endormi, que fait-on en général ? On se dit que le plus grand péril serait que l'enfant se réveille, s'aperçoive qu'il est seul, sorte de son lit, d'effroi, quitte sa chambre.  Cela est plus probable qu'une intrusion.  On se prémunit en partie de ces dangers en verrouillant les issues. 
Si toutefois on se dit que le plus grand péril, dans un certain contexte, est l'incendie ou la fuite de gaz ou l'affolement de l'enfant face à une porte qu'il n'arrive pas à ouvrir, on ferme la porte mais pas à clef.
Si la porte n'est pas verrouillée, le sens commun veut, découvrant qu'un enfant n'est plus là et le sachant capable de se lever la nuit, ne serait-ce que pour s'installer dans le lit des parents, que cet enfant est allé se balader. Si cet enfant, étant sorti en quête de ses parents, se fait par exemple renverser par une voiture dans une rue mal éclairée, y a-t-il négligence parentale ?

Vérité, mensonge et non-vérité  
Le PR JMM l'a écrit ou signé, les MCs et leurs amis n'ont pas dit toute la vérité dans leurs dépositions. Interrogé devant le tribunal, JMM a rectifié le mot "mensonge", trop brutal sans doute, et a préféré l'édulcoré "non-vérité". Tenons-nous en là. Des non-vérités pour dissimuler probablement assez peu de choses mais qui ont eu un impact énorme (et peut-être fatal) sur le déroulement de l'enquête.
JMM l'a dit devant la Cour, "le couple a menti à la police sur la durée pendant laquelle ils ont laissé Madeleine seule".
 

Victime  
Celle qui souffre d'avoir souffert et à qui on doit toujours quelque chose au nom de la souffrance passée.

Vie privée
À partir du moment où l'on laisse ne serait-ce qu'un petit morceau de sa vie privée entrer dans les médias, on ne peut pas s'indigner que celle-ci devienne un "sujet". L'effet boomrang est inévitable. Une fois aiguisée sa curiosité, le public s'approprie tel aspect de votre vie privée et, lui donnant une importance outrée, en fait sa chose. On est dès lors piégé. Mais il y a aussi l'aspect vertigineux, la célébrité soudaine, une certaine satisfaction narcissique.
Dans l'affaire Madeleine MC, la célébrité des parents, justifiée par l'hypothétique enlèvement, a sûrement fonctionné comme une distraction au sens pascalien.