Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

C







Cadavre
L'inspecteur en chef Peter Kirkham, de la brigade criminelle de Scotland Yard, observe que "trouver le corps, lorsqu'un meurtre a été commis, est absolument crucial, même plusieurs mois après. L'enquête peut ainsi avancer immensément et suivre de nouvelles pistes. Il y a des échantillons de terre à analyser, d'autres traces forensiques à détecter et des objets à examiner. Sans corps, vous êtes sur la première marche, avec un corps, à la neuvième". 
Trouver le corps d'un disparu ne résout rien, mais il est vrai que l'affaire est plus à même d'aller devant les tribunaux.


Campagne
Il semble paradoxal de songer à des événements marquants la disparition à long terme (50è, 100è, 200è, 500è jour) et d'affirmer que Madeleine est vivante et donc trouvable à court terme. N'est-ce pas au fond essayer de maintenir Madeleine en vie virtuelle le plus longtemps possible ? Tant qu'il n'y a pas de preuve de sa mort, elle est vivante (voir argumentum ad ignorantum). Il serait aussi absurde de dire que tant qu'il n'y a pas de preuve qu'elle est en vie, elle est morte.
Ils parlent de "crime haineux", de "ravisseur horrible", comment peuvent-ils en même temps décréter que leur enfant n'a pas souffert (no harm) ?
La campagne est difficile : demander aux gens de chercher Madeleine, leur vendre des Tshirts, des rubans, des posters, mais aussi garder le monopole des questions (et des réponses), exiger des gens qu'ils s'en tiennent à ce qu'on leur dit.

Calomnie
Certains disent qu'on ne devrait pas discuter de l'implication possible de quelqu'un, parce que cela revient en fait à condamner sans jugement devant le tribunal de l'opinion publique. C'est ridicule : opinions et spéculations ne peuvent condamner personne. 
Ce qui est illégitime, c'est de tenir un discours sur quelqu'un en se fondant sur des faits qui n'existent pas ou affirmer qu'untel est coupable au lieu d'envisager clairement sa culpabilité comme une hypothèse. Les gens sont responsables de leur comportement et il n'est pas illégal d'en discuter en public (en prenant soin d'éviter ragots et commérage). Nous faisons tous des choix dans nos vies et nos choix nous suivent. S'ils amènent le public et la police à suspecter que nous sommes impliqués dans un crime, nous sommes responsables.

Cat

If it walks like a cat and talks like a cat, it may very well be a cat !

Censure et esprit de contradiction 
Les MC veulent que le livre de GA soit retiré de la vente, etc... parce que, disent-ils, les gens risquent fort de croire au décès dans le G5A et de ne plus chercher Madeleine. C'est faire fi du principe de contradiction. Ne voit-on fréquemment des chevaliers de ce vieux principe combattre les théories de X ou Y ? Acharnés à prouver que les choses ne se sont pas passées comme tel ou tel écrit le prétend ? Les croit-on plus que X ou Y ? Certainement pas, on en conclut que les thèses de X ou Y ont une part d'ombre, comme à peu près toutes les thèses.
La recherche de Madeleine n'est plus active comme elle le fut au début lorsque des dizaines de personnes arpentèrent les environs de PDL parce qu'on espérait encore que Madeleine avait marché très loin, s'était égarée ou blessée. 
Quiconque croise une petite fille seule ou à l'air perdue, ou au comportement bizarre ou en larmes et seule est interpelé, qu'elle ressemble ou non à Madeleine. Et c'est heureux. Si Madeleine est détenue par un ravisseur, ce dernier ne peut ignorer qu'elle sera bien accueillie quoi qu'il soit arrivé. Prendre un bâton de pèlerin pour sillonner l'Algarve ? On s'intéresserait à un tel sacerdoce si quelque houlette était là pour guider ou, mieux, si quelque exemple était donné.
Censurer l'ouvrage de GM, c'est aussi faire fi de l'esprit critique des lecteurs. La vérité des MC se réduit-elle aux mensonges dont GA les soupçonne ? Ne se juge-t-il pas lui-même, intitulant pompeusement et oxymoriquement son livre "la vérité du mensonge" ? "La" plutôt que "ma" vérité sur un mensonge ? L'usage courant veut que la "vérité" soit le contraire de "mensonge", mais au même "vérité" s'opposent plusieurs termes ("erreur", "fausseté", "tromperie"). "Vérité" caractérise-t-il "mensonge" (il y aurait de vrais mensonges et d'autres qui, ne l'étant pas, seraient finalement des vérités) ou bien "vérité" est-il une composante de "mensonge" (il existerait une part de vérité dans le mensonge)
Ce sont des antonymes complémentaires ou polaires du fait de l’absence de terme médian (vrai ou faux) : la négation de l'un entraîne la vérité de l'autre. Le mensonge peut-il avoir une vérité ? Il y aurait des mensonges vrais et des mensonges mensongers ? Les seconds étant en fait des vérités ? GA sans doute veut-il parler de vrai mensonge et non de mensonge vrai ? Expose-t-il sa vérité sur un certain mensonge ou parle-t-il de la part de vérité d'un mensonge ?
En fait GA ne s'est pas posé toutes ces questions et n'a pas pris en compte la polysémie de "de" qui rend le titre ambigu. L'allemand a traduit "la vérité sur le mensonge" et c'est très le sens auquel songeait GA.
Une autre raison de censurer le livre de GA est imaginable, quoique sûrement erronée. Toutefois les plus de 12 mois qui séparent la sortie du livre du référé demandant le retrait de la vente, comme l'importance des dommages (1.250.000 €), invitent à se demander si le livre n'est pas surtout une menace pour l'approvisionnement du fonds. Si l'enfant est morte, à quoi bon un fonds, à quoi bon envoyer de l'argent pour aider les parents ? Curieusement cet argument n'a pas été avancé par les MC. Et pourtant il est autrement pertinent ! Car s'ils sont innocents, si M. est vivante, comment la chercher sans financement ?
La seule façon de couler véritablement la thèse de GA eut été d'obtenir de son équipe un désaveu.
Avoir obtenu le retrait de la vente et l'interdit de parler de la thèse a été dans un premier temps efficace : plus besoin de menacer de sévir (toujours par l'intermédiaire du spin doctor), la seule crainte de la sanction suffit.
Il s'agit de l'inférence (B s'infère de A si B est vrai dès que A l'est), de la paraphrase (A et B sont vrais dans les mêmes situations) et de l'antonymie, terme générique qui recouvre la contradiction (A et B ne sont ni vrais ni faux ensemble), la contrariété (A et B peuvent être faux ensemble, mais non pas vrais ensemble) et la subcontrariété (A et B peuvent être vrais ensemble, mais non pas faux ensemble).

Chambre
Dans l'inconscient collectif la chambre est le lieu de la naissance, de l'amour, de la mort. Quand la porte de la chambre des parents se referme, l'espace des mystères et des désirs est frappé d'interdit. Dans sa propre chambre l'enfant affronte les terreurs des cauchemars mais découvre aussi les paradis oniriques. C'est le lieu privé, à l'opposé de la vidéo-surveillance de l'espace public. L'individu y cesse d'être social pour n'appartenir qu'à lui-même, soustrait au regard d'autrui. De là il peut regarder le monde en restant hors de sa portée, dans l'ombre, enfermé dans la tanière des souvenirs mais à l'abri, assoiffé d'évasion mais protégé dans l'espace des secrets qui construisent, des secrets qui protègent, des secrets qui pèsent. La chambre est l'espace de l'intime par excellence. Que dire de la chambre d'emprunt, celle que l'on habite de manière transitoire ? N'est-elle pas un lieu de particulière vulnérabilité. On songe au Petit Chaperon rouge, dévorée par le loup dans une chambre étrangère, celle de sa grand-mère malade, où la protection de sa mère ne joue plus
Aussi toute intrusion est-elle ressentie comme une violation. Que dire alors si celle-ci s'effectue par la fenêtre, après crochetage des persiennes ?
Dans les contes, quand les parents laissent leurs enfants seuls, c'est afin de les abandonner soit qu'ils soient de méchants parents ou qu'ils ne puissent subvenir aux besoins de leurs petits. Les laisser seul, c'est en quelque sorte les obliger à quitter leur maison et à braver toutes sortes de dangers.

Charité
Madeleine's Fund n'est pas une institution caritative, mais une société privée LTD. Imaginons que le 1000è jour de la disparition ait été dédié à toutes les associations liées aux personnes disparues, imaginons que dîner et vente aux enchères aient été organisés pour financer ces associations. Imaginons qu'ait été annoncé à cette occasion que, Madeleine étant une parmi des milliers et la recherche privée s'étant avérée infructueuse, faire bande à part était devenu obsolète. Aider les autres en fusionnant fonds et notoriété avec une association spécialisée en enfants disparus apparaissait désormais comme le plus sûr moyen de faire en sorte que la planète n'oublie pas Madeleine.

Choix
Dans le choix de Sophie, on ne peut pas vraiment dire que Sophie sacrifie un de ses deux enfants pour sauver l'autre, même si c'est cela qui la hante. L'alternative posée est perdre les deux enfants ou n'en sauver qu'un. Mais peut-on encore parler de choix dans un contexte de contrainte ? Le choix n'exige-t-il pas une liberté existentielle ? Tout au plus peut-on parler de sélection entre deux maux. Mieux vaut en sauver un, cela paraît évident, mais ce qui est terrible, c'est la question du choix : lequel sauver ou lequel sacrifier ? Celui qui, si on sacrifie l'autre, s'en remettra le mieux ? Ce qui hante Sophie, vouée à une culpabilité abusive et à la haine de soi, c'est le regard de son fils quand elle hurle aux soldats qui emmènent ses deux enfants "sauvez le garçon !"

Cirque (médiatique)
L'expression "cirque médiatique"  (media circus), en usage depuis les années 70,  est une métaphore colloquiale décrivant assez péjorativement, en la comparant à un spectacle, la couverture médiatique d'un évènement sans commune mesure avec son importance réelle en fait de reportages, journalistes, émissions.  Le français préfère "surmédiatisation" ou "battage médiatique".
Les raisons de critiquer les médias sont variées, ce qui est impliqué ici est le coût d'opportunité lorsque le buzz médiatique mis sur une nouvelle sans importance détourne l'attention du public sur celles qui en ont. 

Clef 
La symbolique de la clef a une double connotation puisqu'elle détient le pouvoir d'ouvrir et de fermer.La clé a à la fois un rôle d'initiation et de discrimination, de décision et de responsabilité. Le maître des clés est celui qui lie et délie, ouvre ou ferme l'accès à. La clé d'or et la clé d'argent sont les emblèmes de Janus, le dieu romain, guide des âmes (d'où son double visage : l'un tourné vers la terre et l'autre vers le ciel). Janus garde toutes les portes et gouverne toutes les routes.
Dans les contes et légendes, la clé est symbole du mystère à percer, de l'énigme à résoudre, des étapes qui conduisent à l'élucidation et à la découverte.

Compassion 
Aurait-on, en dépit de tout, de la compassion si quelque preuve absolue de la mort accidentelle de M. surgissait ? Probablement.
Comme peut-on éviter d'être hanté pour le reste de ses jours par l'idée que son enfant est mort seul et, d'une certaine manière, parce qu'on n'était pas là ? Ce serait le cas, par exemple, si un incendie ou un tremblement de terre s'était produit.


Consensus (recherche du)
Le terme décrit le processus selon lequel les individus d'un groupe ont tendance à rechercher le consensus plutôt qu'à appréhender de manière réaliste la situation. Il s'agit donc d'une expression plutôt péjorative. La première utilisation du terme date de 1952 par William H. Whyte dans Fortune.
Le danger d'un tel phénomène est que le groupe peut prendre une décision mauvaise ou des irrationnelle, alors qu'individuellement les membres du groupe auraient fait un autre choix. En groupe, chaque membre essaie de conformer son opinion à ce qu'il croit être consensuel, sans se poser la question de ce qui est réaliste. La conséquence est une situation dans laquelle le groupe finit par se mettre d'accord sur une action que chacun considère personnellement comme peu sage.
De manière moins dramatique, le résultat peut être une décision collective qui ne satisfait personne car elle n'est pas le fruit d'une concertation entre les différents besoins individuels.

Les huit symptômes de la pensée de groupe :
1. L’illusion de l’invulnérabilité : lorsque les groupes se croient intouchables, ils ont tendance à réprimer la dissidence ;
2. La croyance en la supériorité morale du groupe : lorsqu’un groupe pense qu’il est moral, il a tendance à ignorer sa propre immoralité ;
3. La rationalisation : un groupe est plus soudé lorsqu'il justifie collectivement ses actions ;
4. La transformation de l’opposant en stéréotype : lorsqu’un opposant est considéré avec partialité ou avec des préjugés, les affirmations qui contredisent les convictions du groupe sont ignorées ;
5. La pression de la conformité : une forte pression est exercée sur les individus pour qu’ils s’alignent sur la volonté du groupe et pour qu’ils ne soient pas en désaccord avec lui, sinon ils sont ostracisés, c’est-à-dire écartés des débats, voire sanctionnés ou expulsés ;
6. L’autocensure : les membres du groupe préfèrent garder leurs opinions divergentes pour eux, plutôt que de déserter le navire ;
7. L’illusion de l’unanimité : les dissensions internes sont cachées au groupe. Ainsi, elles semblent inexistantes ;
8. Les gardiens de la pensée : certains membres du groupe s’engagent activement à protéger le groupe de toute dissidence ou information contraire.


Conspiration
Un mystère sans au moins une théorie de conspiration, ça n'existe pas. Quoique, dans cette histoire qui se traîne, le fait même qu'on en parle encore semble être un argument contre toute idée de conspiration. Les conspirations se nourrissent de secrets à rebondissements ou dépérissent.
Enlèvement, accident ou sortie de l'appartement, nombreux sont ceux qui tiennent que ce qui est arrivé à MMC est arrivé parce qu'elle était seule, donc en raison de la négligence de ses parents. Si, parce qu'ils n'étaient pas là, leur vulnérable fille s'est grièvement blessée, le sentiment de culpabilité doit être immense et il n'est pas incompréhensible qu'ils aient essayé de se protéger d'un blâme général.
Le mystère alors est de savoir si on l'a enlevée de son lit, si elle est morte par mégarde ou a fait, dans la rue, une mauvaise rencontre ? Stricto senso les parents auraient une part de responsabilité plus nette dans le troisième cas, car ils avaient laissé la porte ouverte précisément pour qu'elle puisse sortir, si elle se réveillait, et aller à leur recherche.
Nombre d'indices rendent invraisemblable la "théorie" de l'enlèvement, mais celle de l'accident pèche par la question d'une sépulture improvisée, d'où l'idée de conspiration.

Corps médical
Dans l'inconscient collectif, le médecin soigne, il ne meurtrit pas, il panse, il n'endolorit pas, il guérit les maux, il ne les agrave pas, il calme, il n'avive pas, il répare, il n'abîme pas. Que demande-t-on au médecin sinon de nous dire ce qui ne pas pas, de formuler un diagnostic et de prescrire un remède ? On lui suppose donc un savoir hors du commun, on le considère comme un expert. Prend-on en compte la particularité de l'acte médical ? A-t-on idée de la complexité des causes, des effets inattendus des maux ? Imagine-t-on la part de l'observation, du raisonnement, de la décision, celle de l'incertitude, la pression de l'urgence?
On sait depuis longtemps que la maladie caractérise un état anormal du corps humain mais l'idée que cet état était dû à un dérèglement immanent, un désordre interne au corps lui-même (déjà présente dans l'école hippocratique), et non à l'action d'une cause extérieure, malédiction, mauvais sort, court toujours, l'interprétation magique n'a pas totalement disparu.
L'impact de la médecine sur les représentations mentales trahit des pouvoirs perdurant jusqu'à nos jours, que l'on pense au cas étrange de dédoublement décrit par R.L. Stevenson dans Dr Jekyll et Mr Hyde ou au bluff du Dr Knock dont J. Romains fait passer les défauts, comme sa paranoïa manifeste, pour des qualités irremplaçables.

Crise (gestion de)  
Il est intéressant d'observer comment des sociétés de communication ont été chargées de manipuler l'opinion publique et ont réussi à modifier l'image des parents en en faisant des icônes de la parentalité souffrante.   
Quand les MC furent mis en examen, les médias se retournèrent contre eux, en partie parce qu'ils sentirent avec raison ou sans qu'ils avaient été manipulés et dupés. Le contrat Justine MG se terminait, les relations n'étaient pas bonnes entre Kate MC et elle, et l'hostilité internationale croissante menaçait. Alors Clarence Mitchell arriva et engagea entre autres doreurs d'image la firme Hanover. Constamment dans les gros titres, Hanover réussit à renverser la vapeur en faveur des MC comme d'un coup de baguette magique,  à dissoudre l'hostilité et à donner à l'histoire une forme positive, de telle sorte que la famille put retrouver un semblant d'ordre et de normalité et échapper à la meute médiatique. Dès que le nouveau porte-parole fut en place, Hanover recula dans l'ombre. 
La campagne Turning the tide ("inverser le courant") remporta le prix d'excellence 2008 de la CIPR (Chartered Institute of Public Relations), dans la catégorie "communication de crise".
Qui sont-ils ? D'ex-journalistes et correspondants aptes donc aux relations avec la presse.
Quelle est leur devise ? Gagner devant la cour de l'opinion publique est plus important que gagner devant la cour de justice. Il suit de là que la réputation d'un organisme n'est jamais plus exposé que lorsque son porte-parole répond sous les feux de la rampe médiatique.
Comment s'y prennent-ils ? Une bonne partie du temps est consacrée à l'observation des journalistes, à les lire et à les écouter afin d'être capable, le temps venu, de monter une stratégie médiatiquement efficace pour leurs clients.
Sur quoi se fondent-ils ? Sur leur compréhension de la manière dont fonctionnent les médias et sur ce qui fait une histoire.
Quel est leur cible ? Toucher une certaine audience selon une approche pragmatique, livrer des solutions répondant aux objectifs, lancer de nouvelles affaires, mener des campagnes politiques, sensibiliser et fournir de nouveaux clients, mais aussi préparer et gérer des controverses légales et l'impact sur la réputation avant, pendant et jusqu'à la conclusion des actions en justice, en association avec les avocats de leurs clients ! "Nous mettons en œuvre jour après jour des tactiques grâce à notre connaissance du moment où il faut parler (ou non), de ce qu'il faut dire et de la manière dont il faut le dire... Bien des réputations ne survivent pas intactes à un conflit légal. Même l'image du vainqueur peut souffrir dans les médias et avoir à livrer bataille pour retrouver un peu de crédibilité."

Cuddle Cat
C'est un personnage essentiel de cette affaire, tout peluche qu'il soit, qualité qui du reste permet d'en parler sans réserve. Sa première apparition date des moments qui ont suivi la disparition de la petite fille à qui il appartenait. Selon KMC, qui dans une déclaration ????y voyait une preuve d'enlèvement (Madeleine ne serait jamais sortie sans lui ?), il se trouvait sur une commode ???? à côté du lit de Madeleine. Selon d'autres versions et sur les photos de la PJ ??? il était sur le lit, à côté d'une petite couverture "de réconfort" qui disparut on ne sait ni où ni comment (peut-être donnée aux chiens pisteurs et égarée ensuite). A partir de la disparition de Madeleine MC, CC vécut en grande intimité avec KMC, du moins en public ou devant les caméras qui se plaisaient à filmer ses doigts le caressant. Cette symbiose de substitution s'acheva avec le retour au RU. CC disparut totalement de la scène médiatique. Il semblerait pourtant qu'avant ces tragiques événements, CC accompagnait de temps à autre KMC dans son activité ponctuelle de médecin généraliste. Il serait même allé avec elle faire des constats de décès. D'où l'état de transe dans lequel il mit Eddie, le détecteur de cadavre. Il était pourtant passé par la machine à laver.
En revanche, sur aucune des très nombreuses photos de Madeleine à des âges différents qui ont été publiées, Madeleine n'apparaît ni avec CC, ni avec sa petite couverture rose, ni du reste avec un objet avec une peluche ou une poupée. On en déduit que cette petite fille n'avait pas le "syndrome de Linus"2. Et on s'étonne moins que CC et couverture n'aient pas disparu avec elle.
En revanche, un ravisseur souhaitant soumettre ou séduire le plus aisément possible sa victime aurait emmené avec elle et CC et la couverture de réconfort.

Culpabilité
S'affranchir d'un tel sentiment est une des préoccupations majeures des héritiers du christianisme. Une des manières de faire consiste à chercher un bouc émissaire, entité dont la culpabilité serait susceptible de recouvrir la vôtre. Il y a là un glissement sémantique, car la victime expiatoire ou de substitution décrite dans le seizième chapitre du Lévitique et mise en œuvre dans le rite annuel de Yom Kippour ne paie pas pour les fautes des autres. Le seul objectif est social et il est de faire table rase afin que la vie sociale puisse redémarrer.
Une autre manière consiste à s'auto-absoudre, récuser toute faute, dénier toute espèce de responsabilité. Pour ce faire rien de mieux qu'attaquer quiconque ne se conforme pas à votre façon de penser. Un moyen très efficace est d'avoir des disciples vous rendant un culte discret et dont l'unique point commun est de croire mordicus à votre parole d'évangile (il s'agit à la lettre d'une "bonne nouvelle" pour eux). Dès lors tout questionnement est jugé outrecuidant. 
Comment un être humain pourrait-il éviter d'être hanté pour le reste de ses jours par l'idée que son enfant est mort tout seul et que l'on a failli à son devoir de protection ?
Comme, par exemple, en cas d'incendie ou de tremblement de terre.
Les MC, KMC surtout, ont un sens très aigu et extrêmement douloureux de la responsabilité et de la culpabilité. La clef du mystère est peut-être là.