Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

08 - AOÛ et OCT - G. Moréas/D.Carvalho





Georges Moréas - 29.08.2008


Madeleine McCann, dite Maddie, allait avoir 4 ans. En cette soirée du 3 mai 2007, elle a disparu de sa chambre, dans un luxueux complexe touristique, l’Ocean club, au sud du Portugal, où elle était supposée dormir.

Le complexe Ocean Club n'est pas luxueux à proprement parler.

Depuis, on ne sait pas ce qu’elle est devenue. Récemment, la presse s’est fait l’écho d’une déclaration de la justice portugaise : dossier classé. C’est probablement une fausse nouvelle. Comment un magistrat, un policier, pourrait admettre de refermer un dossier sans penser à la victime, une enfant, presque un bébé. Et si elle était vivante !… La confusion vient sans doute du non-lieu qui a été décrété contre les trois suspects.

C'est une ordonnance de non-lieu et non un classement, le dossier pouvant être rouvert si surgit un élément nouveau et pertinent.


LES FAITS : Le complexe touristique de l’Ocean Club est un ensemble de bâtiments comprenant un bloc résidentiel, deux restaurants, le Tapas et le Millénium, des courts de tennis, la plage, etc. Ce soir-là, les McCann dînent avec des amis au restaurant Tapas. Vers 22 heures, Kate McCann se lève de table pour voir ses enfants, comme elle le fait habituellement, pour s’assurer que tout va bien. Ses deux bébés, des jumeaux, dorment à poings fermés, chacun dans son berceau. La porte de la chambre de sa fille n’est pas fermée, ce qui l’étonne. Elle entre : la fenêtre est ouverte, le volet est levé, Maddie a disparu.
On dirait que MMC est dans une chambre à part, les trois enfants sont dans la même chambre dont la porte est "plus ouverte qu'elle ne devrait".  
Elle revient précipitamment au restaurant pour prévenir son mari. Tous deux retournent à l’appartement, accompagnés de leurs amis, et ils ne peuvent que se rendre à l’évidence. Ils se mettent alors à prospecter les environs. C’est la situation que découvrent les premiers policiers appelés sur place. Tout laisse croire à une escapade de la gamine. Elle n’est peut-être pas loin. Les recherches s’organisent. Peu après, le directeur de la PJ, à Lisbonne, reçoit sur son téléphone portable un appel en provenance de l’ambassade de Grande-Bretagne. 
 C'est un mythe. La consul, tard dans la nuit, puis le FO, probablement tôt le matin, ont été avertis par les proches des MC, au Royaume-Uni.
Son correspondant lui demande s’il est au courant qu’une enfant britannique a disparu… Il tombe du placard. On imagine la ribambelle de coups de fil qui font suite à cette intervention.


LES PREMIERES CONSTATATIONS : Il n’y a aucun désordre dans la chambre où dormait l’enfant. Le lit n’est pas défait. Il n’y a pas de trace d’effraction, ni sur la fenêtre, ni sur le volet, ni sur la porte. L’enquête de voisinage permet de retrouver des témoins, des vacanciers irlandais, qui affirment avoir aperçu un peu avant 22 heures, un homme qui portait une fillette dont le signalement correspond parfaitement à Maddie : visage, coiffure, vêtements. À présent, il n’y a guère de doute : c’est un enlèvement. L’alerte est donnée.

L'enquête de voisinage n'est pas arrivée jusqu'aux Irlandais qui, au reste, sont repartis en Irlande une semaine plus tard. C'est là que l'un d'eux s'est tout d'un coup souvenu, a consulté un autre, puis un autre, avant d'alerter les autorités portugaises qui les ont renvoyés aux Gardaï.
Le directeur régional de la PJ a été contraint, sous les pressions diplomatiques, de déclarer publiquement que l'hypothèse d'enlèvement était probable.


L’ENQUETE DE LA POLICE JUDICIAIRE : Les péjistes recueillent les témoignages de centaines de personnes, et en priorité ceux des parents et de leurs amis. Très vite, ils se rendent compte de certaines contradictions entre les uns et les autres. Une femme affirme par exemple être passée devant l’appartement, plus tôt dans la soirée, et avoir remarqué que le volet de la chambre était fermé. Or, Kate McCain déclare que la fenêtre était ouverte et le volet rentré. Et les enquêteurs ne constatent aucune trace d’effraction. De plus, le volet ne peut s’ouvrir que de l’intérieur. Peut-on imaginer qu’un individu entre par la porte, à l’aide d’une fausse clé, et ressorte par la fenêtre, avec sa victime, après avoir ouvert le volet ? De plus, le lit de l’enfant n’est pas défait, comme si personne n’avait couché dedans. Intrigués, les policiers examinent le téléphone portable de chacun des McCann : l’historique des communications a été effacé. Étonnant de penser à vider la mémoire de son portable alors que son enfant vient d’être kidnappé ! Mais les policiers de la PJ de Faro de Portimão ont du mal à faire leur travail. La pression devient vite insupportable. La petite Maddie a disparu le jeudi soir. Le vendredi, l’ambassadeur du Royaume-Uni, John Buck, se trouve sur place, accompagné de grands pontes de la police et de la justice. Et le samedi, trois policiers britanniques débarquent à leur tour, en principe pour assister leurs collègues portugais. Le contact n’est pas très bon. 
Le contact prend un certain temps, mais il est cordial.
Les policiers locaux se sentent rabaissés. Pourtant, pour avoir participé à la formation de policiers portugais, je puis assurer qu’ils n’ont rien à envier ni aux Français ni aux Britanniques – si ce n’est peut-être certains moyens techniques. Les conditions de travail sont les suivantes : 150 policiers portugais, 3 policiers britanniques, des autorités, des diplomates, et des journalistes… partout. Pas l’idéal pour une enquête. Le samedi, le directeur de la PJ de Faro déclare à la presse : « Il s’agit d’un enlèvement. » 
Il donne à entendre qu'il y aurait des indices d'enlèvement.
Dans le même temps, les époux McCann lancent des appels désespérés devant les caméras de télévision. On dit même que la police détient un portrait-robot du ravisseur, mais qu’il ne sera pas diffusé pour éviter de mettre la vie de l’enfant en péril. Un peu tard, non, pour penser à la jeune victime !
Le portrait-robot en question est, vrai, un oeuf chevelu. Sur le sketch fait à l'instigation des détectives privés des MC, cinq mois plus tard, le ravisseur n'aura pas de visage.

Pendant ce remue-ménage politico-médiatique, le responsable de l’enquête, le commissaire Gonçalo Amaral, commence à entrevoir une autre possibilité. Il trouve que le comportement des McCann n’est pas « naturel ». D’ailleurs pourquoi refusent-ils de participer à une reconstitution de la soirée ? Il trouve que certains témoignages ne sont pas en corrélation et qu’il devient impossible de déterminer où se trouvait untel à telle heure. Ainsi, une invraisemblance apparaît lorsque le témoin irlandais signale qu’après avoir vu Gerry McCann à la télévision, il l’a formellement reconnu : c’était lui l’homme qu’il a aperçu avec Maddie dans les bras, le jeudi, vers 22 heures. Oui mais à cette heure-là, le père de l’enfant se trouvait au restaurant avec ses amis…
Grand téléscopage de faits ! La PJ n'a commencé à soupçonner les MC qu'à la lecture du rapport, daté de juin 2007, du profiler de la National Policing Improvement Agency, Lee Rainbow qui critique le fait d'avoir privilégié la piste "ravisseur" alors qu'autant d'attention devrait être accordée à la piste "parents", compte tenu des contradictions dans les dépositions. Les alertes des chiens, fin juillet, ont confirmé cette recommandation. 
Quant au témoin irlandais qui a déclaré que Smithman pouvait être Gerald MC, il a eu ce "flash" quand il a vu à la TV, le 9 septembre 2007, ce dernier descendre de l'avion en portant son fils profondément endormi contre son épaule.
Quant au refus de la reconstitution, il a été formalisé en avril 2008, la requête provenait du parquet. 

Amaral est dubitatif. Il sent qu’il existe une certaine connivence entre ce groupe d’amis. Auraient-ils menti ? Il revient sur les premières constatations et il examine les lieux d’un œil différent – comme il le ferait d’une scène de crime. La mort de la fillette devient l’hypothèse de travail des enquêteurs.
Les alertes de chiens en sont la cause.



LES ELEMENTS DE PREUVES OU DE PRESOMPTIONS : Un suspect est arrêté. C’est un ressortissant britannique qui vit à une centaine de mètres du centre de loisirs. Je ne donnerai pas son nom, car il a attaqué en justice les journaux qui avaient raconté « des choses » sur lui, et les patrons de presse ont tous baissé culotte. On dit qu’il aurait encaissé 750.000 €.
600.000 £. Il n'a attaqué qu'un journal portugais (et a fini par gagner), le Correio da Manhã, qui avait dit des choses inacceptables sur lui (comme les tabloïds de l'Express Group).

Pendant ce temps, des chiens dressés pour déceler certaines odeurs, notamment celles du sang ou d’un cadavre, sont amenés sur place. Ils détectent des traces à l’intérieur de l’appartement, dans la chambre du couple et dans la salle à manger ; ainsi qu’à l’extérieur du bâtiment. Plus troublant les chiens s’arrêtent sur la peluche de l’enfant et sur des vêtements appartenant à sa mère. On met les chiens en présence d’une voiture louée par les McCann, et ils reniflent là aussi des odeurs suspectes. Or ce véhicule a été loué bien après la disparition de la fillette ! En revanche, les chiens ne détectent rien ni dans la voiture du Britannique mis en examen, ni chez lui.
Le plus troublant, c'est le chien "cadavre" qui alerte seulement dans l'appartement où MMC a été vue pour la dernière fois, dans aucune autre habitation.

L’étau se resserre sur les McCann. Aux endroits marqués par les chiens, on récupère de minuscules fragments organiques afin de comparer l’Adn avec celui de Maddie (des traces de salives sur les draps de son lit).
Non, la tache de salive était sur le couvre-lit de l'autre lit.
Les analyses se font en Grande-Bretagne. Lorsque la réponse tombe, il n’y a plus de doute. : Il existe 15 marqueurs identiques dans les deux AdN. Il s’agit de la petite fille. Début septembre, les époux McCann sont mis en examen, mais laissés libres.
Oui, mais l'ADN découvert dans la voiture de location a au moins trois contributeurs...Ils sont témoins assistés. 
La presse rapporte qu’ils sont soupçonnés d’avoir dissimulé le corps de leur fille après un décès d’origine accidentel – on parle de l’administration d’un sédatif trop puissant (les parents sont tous deux médecins) – et qu’ils s’en seraient débarrassés par la suite, en le transportant dans un véhicule loué à cette intention.

Cette grotesque hypothèse (transport d'un cadavre de 3 semaines !) n'a pas été pour rien dans le discrédit de la PJ.

Entre-temps cette affaire a pris une ampleur internationale. Les McCann ont appelé le Premier ministre anglais, Gordon Brown, et l’enquête est suivie au plus près par le gouvernement des deux pays.
Ni Gordon Brown ni le pape n'ont publiquement soutenu les MC, devenus suspects.
La presse est déchaînée. Les parents se posent en victimes d’une police bornée, voire rétrograde. Les journaux britanniques tapent à boulets rouges sur les enquêteurs qui s’en prennent à la famille au lieu de rechercher l’enfant disparue. Les policiers anglais qui participent à l’enquête (et qui en principe n’ont aucun pouvoir d’intervention) ne font rien pour arranger les choses.
Les policiers britanniques, qui étaient du même avis que l'équipe de Gonçalo Amaral, a été rappelée dès le départ des MC.
Le public se passionne pour cette mystérieuse histoire – chargée d’émotion. Un fonds de soutien est créé.
Madeleine's Fund a été créé douze jours après la disparition de MMC.
Brian Kennedy, un milliardaire britannique, offre ses services. Il prend en charge les frais d’avocats et ceux des enquêteurs privés. On dit même qu’il se déplace pour rencontrer certains des témoins. Cela a-t-il un rapport avec le fait que la plupart aient refusé par la suite de retourner sur place pour participer à une reconstitution ?
Ce ne sont pas les mêmes témoins. BK n'a pas cherché à rencontrer les compagnons de voyage des MC, les TP, mais les Irlandais.
L’atypique patron de Virgin met également la main à la poche. Il est intéressant de noter que toute cette énergie, tout cet argent, sont essentiellement utilisés pour défendre les suspects. De nouvelles recherches Adn effectuées par le laboratoire médico-légal de Birmingham prennent le contrepied de la première expertise. Il est dit que les échantillons prélevés (par les policiers portugais) auraient été mélangés…

Théorie du complot... En fait le FSS de Birmingham avait été précédemment mis en cause et assigné en justice, et ne voulait pas risquer sa réputation une nouvelle fois. Cela n'a pas empêché la suppression de ce labo en raison de restrictions budgétaires.

Le commissaire Gonçalo Amaral demande une contre-contre-expertise. Impossible, lui répondent les Anglais, les prélèvements ont été détruits, ou perdus, on ne sait pas exactement, par le laboratoire. Amaral n’en peut plus. Tout ce tintamarre, cette pression permanente de la hiérarchie, des autorités politiques, des médias l’empêchent de travailler correctement. Il est pris à parti, critiqué, épié… Même ses confrères britanniques lui tirent dans les pattes. Excédé, il se lâche dans la presse. C’est une erreur, car sa hiérarchie saute sur l’occasion. Il est viré. Gonçalo Amaral a écrit un livre, La vérité du mensonge, qui sort ces jours-ci au Portugal. Gageons qu’on va y trouver des éléments intéressants. Du moins s’il est traduit en français. La presse, déjà échaudée dans cette affaire, s’en fera-t-elle l’écho ? Pas sûr ! Les McCann ont clairement laissé entendre que leurs avocats étaient prêts à passer à l’action. Pour en revenir à l’Adn, en France, sauf erreur de ma part, 13 marqueurs identiques dans 2 Adn différents suffisent à la justice. Donc, si les faits s’étaient déroulés chez nous, d’abord l’expertise n’aurait pas été faite en Grande-Bretagne mais dans un laboratoire français, et ensuite les McCann auraient été mis en examen et très certainement placés en détention préventive – et seul le juge aurait pu décider d’une contre-expertise.
Les Portugais ont envoyé au RU pour éviter les soupçons des autorités britanniques !

Comme quoi les preuves scientifiques, même les plus pointues, ne dépendent pas d’une formule mathématique mais du jugement des hommes.


LE COMPORTEMENT DES PARENTS : On est obligé de dire que le comportement des McCann comparé à celui d’autres parents placés dans une situation aussi douloureuse est… différent. D’entrée de jeu, ils ont pris de haut les policiers portugais. Ils ont menti sur certains points et tout de suite, ils ont cherché des appuis auprès des autorités de leur pays. Comme s’ils se sentaient menacés ! Ont-ils été happés par la machine médiatique ? Le fonds de soutien qu’ils ont créé (et qu’on trouve sur les pages commerciales de Google) a récolté environ 1,5 million d’euros. Or, l’une des premières dépenses engagée par ce fonds a été de régler deux échéances concernant l’achat de leur maison. On dit que 600.000 euros auraient été versés pour régler les honoraires de détectives privés, lesquels pour la plupart se sont révélé être des escrocs. L’un d’eux a même déclaré qu’il avait infiltré un réseau pédophile belge… À décharge, ils ont certifié ne pas avoir utilisé cet argent pour régler les honoraires des avocats qui assuraient leur défense.
Les administrateurs de Madeleine's Fund, dont font partie les MC, ont jugé qu'il était politiquement correct de payer les avocats avec d'autres fonds.

Ces gens ont mobilisé autour d’eux tant de monde, tant de beau monde pourrait-on dire, de la politique à la finance…, qu’on ne peut que s’étonner. Font-ils partie d’un réseau ? d’une loge ? d’une secte ? d’un clan ?…
Ils sont médecins, très photogéniques et, fait extrêmement rare, on a enlevé leur enfant de son lit !


L’ÉTAT DE L’ENQUETE : Les époux McCann n’ayant pas sollicité la poursuite de l’enquête, celle-ci est officiellement terminée. En l’état, on a une gamine de 4 ans, probablement morte ; et trois suspects qui ont été élargis. L’un, le voisin, soupçonné en raison de son passé, mais contre lequel il ne semble pas exister de preuves ; et les parents…
Ce voisin n'a pas de passé douteux du tout !
Il est prouvé qu’ils ont menti dès leurs premières déclarations aux policiers, notamment sur leur emploi du temps, visiblement de connivence avec leurs amis.
Les amis n'étant en fait que des acquaintances, la connivence n'est pas plausible.
Ils n’ont pu expliquer la présence de trace de sang, ou l’odeur d’un cadavre, notamment dans le véhicule qu’ils avaient loué, trois semaines après les faits. Même si en droit la contre-expertise Adn annule la précédente, elle n’est pas entièrement convaincante. Les experts se contentent de constater qu’ils ne peuvent utiliser les prélèvements qu’on leur a remis, car ceux-ci ont été altérés. Et même si l’on considère que ces deux expertises sont contradictoires, laquelle faut-il croire ? La destruction des prélèvements rend toute confirmation impossible. Et après ce charivari, Maddie rejoint la longue liste des enfants disparus.


CONCLUSION : Chacun peut penser ce qu’il veut, mais la justice portugaise a estimé qu’il n’existait aucune charge contre quiconque, aucune preuve, aucun indice. Elle a « archivé » le dossier, comme on dit là-bas.
Le parquet a plus exactement clos l'enquête criminelle, n'ayant pas d'éléments à charge suffisants.

On peut s’étonner. Mais je crois que c’est un bon moyen de repartir de façon plus sereine. En effet, rien n’interdit aux enquêteurs de poursuivre « discrètement » leurs investigations. La procédure portugaise permet la réouverture du dossier à tout moment, si quelqu’un apporte un élément nouveau.
Dommage de ne pas avoir parlé du refus de reconstitution, car d'un tel refus s'ensuivrait ipso facto la fin d'une enquête qui stagnait et dont l'unique chance de dynamisation était de reprendre les choses à zéro.

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est qu’on parle beaucoup d’argent et bien peu de la jeune victime. Finalement, l’un des suspects a encaissé 750.000 € remis par certains journaux pour éviter un procès en diffamation, et les deux autres, les parents, ont récolté 1,5 million d’euros sur un fonds de soutien. Sans parler de l’argent dépensé par les richissimes mécènes. Quant aux policiers portugais, ils ont été ridiculisés.

Les MC ont, avant RM, touché 450.000 £, hors tribunal, et leurs compagnons de voyage 700.000 !

Ils doivent l’avoir en travers… Je vous parie qu’ils ne sont pas prêts de l’oublier.



Maddie : post-scriptum
Georges Moréas - 03.10.2008

La disparition de la jeune Maddie passionne la blogosphère. Des milliers d’internautes se sont connectés à ce blog en laissant parfois des commentaires ou en m’envoyant un mail. Beaucoup sont durs envers les McCann. Il est vrai que leur attitude exécrable reflète d’eux une mauvaise image. Ils sont déplaisants. Mais avant de paraître déplaisants, peut-être sont-ils malheureux !
Mais la question n’est pas là ! 
Une enfant de 4 ans a disparu. On l’a enlevée à sa famille et personne ne sait ce qu’elle est devenue.
Et qu’ils l’acceptent ou pas, les époux McCann sont responsables, comme tous nous le sommes de nos enfants.
Et au lieu de l’admettre, ils tergiversent, ils mentent aux enquêteurs, ils cherchent des protections, en un mot, ils se conduisent comme des coupables.
Et ensuite, ils s’étonnent d’avoir été soupçonnés. Et ensuite, ils s’étonnent d’être pris à parti. Et ils s’indignent qu’on s’attaque à leur honneur. Mais on s’en fiche de leur honneur !
Une enfant de 4 ans a disparu. Et nous sommes tous concernés. Car cette enfant, c’est la nôtre à présent, comme le devient l’espace d’un instant le bambin qu’on aide à traverser la rue ou que l’on console d’un bobo.
Il ne faut pas que l’enquête s’arrête. Au contraire, Interpol, Europol, et toutes les polices d’Europe doivent se mobiliser pour retrouver Maddie. Nous n’avons quand même pas bâti l’Europe uniquement pour une histoire de gros sous !
Et si hélas c’est trop tard ! Si elle morte. Nous voulons savoir comment. Nous voulons connaître le nom de son assassin. Et nous voulons qu’il soit puni.




Anatomy of a badly told story
Frederico Duarte Carvalho (blog) - 12.08.2008

Analyse d'une ligne de temps

"There is still so much to discover inside the process", I was told a few days ago by the former coordinator of the PJ, Gonçalo Amaral, when together with João Vasco Almeida, I interviewed him for "Focus" – see the edition of tomorrow, the 13th. The author of the book "Maddie – Truth of the Lie" (140 thousand copies sold and foreseen translations for Spain and Germany) gave us what was the first interview after the case left the premises of the judicial secrecy. So, the former coordinator accepted to look to the computer where we had the DVD with the process open, and pointed his finger at the moment where the fatal contradiction of the witness statements by some of the main players in the night when the alert to the disappearance of the English girl in Praia da Luz was raised, is registered: "No member of the media has ever crossed those depositions", Gonçalo Amaral said to us.
N'est-ce pas le travail de la police ?
It is all in the first of the 17 volumes, which run to 4713 pages. It was the contradiction between the initial statement from Jane Tanner, a marketing manager, and the one from her companion, doctor Russell O’Brien, that raised the suspicions that the marketing manager might be lying when she said she had seen an alleged abductor carrying a child. This happened as early as the 4th of May, within the first hours after the disappearance. Russell O’Brien, a doctor and Jane Tanner's husband, worked directly with Madeleine's father, Gerry McCann, for six months. They became fathers at approximately the same time, as Russell's older daughter is just one month older than Madeleine. When the witness statements from Gerry, Jane and Russell were crossed, the PJ's investigators realized that "the story was badly told".

According to Gerry McCann's witness statement, which was registered in the PJ's offices at 11.15 a.m. on the 4th of May 2007, fourteen hours after the facts, it can be verified that Madeleine's father left the 'Tapas' restaurant approximately half an hour after he arrived there. Before him, another member of the holiday group, Matthew Oldfield, had already checked the windows and confirmed that they were closed and that all the children in the group should be sleeping. When Matthew returned to the group, he communicated it to those who were present. At that same moment, Gerry got up and went for a new verification. That would have been at 9.05 p.m. Madeleine's father entered the apartment with the key, went to his children's room, verified that the twins were well, just like his older daughter. Gerry then went to the toilet, where he stated he remained for a few instants. He left and crossed paths with a British friend acquaintance, Jez, whom he had met during the holidays and with whom he used to play tennis. The friend was walking his baby, as he was having difficulty sleeping. They both chatted for a bit until Gerry returned to the restaurant.
The witness statement from Jane Tanner, which was collected at 11.30 a.m. on Friday, the 4th of May, registers the fact that she left the restaurant at around 9.10 p.m, approximately five minutes after Gerry. Donc aussi malgré ce qu'avait dit MO. Jane went to her apartment to check if everything was well with her daughters. At that moment, on her way to the apartment, she guarantees that she crossed with Gerry while he was talking with his tennis friend. She stressed to the PJ that she passed them both, knowing that Gerry had already been in his apartment to check on his children.

The contradiction appears when this statement is crossed with the one from her husband, Russell O’Brien. The latter only spoke to the PJ on the evening of the 4th of May, at 9.50 p.m., almost 24 hours after the facts. Russell confirmed that Gerry and Jane left almost simultaneously. But he stated that his wife must have returned first because she would have met Gerry talking with his tennis friend. This was where a very important doubt was born, to understand the key moment of the disappearance of Madeleine McCann. The questions assaulted the minds of the PJ’s investigators: Did Jane Tanner see Gerry talking with his friend when she was coming back from the apartment, like she suggested to her husband, or on her way up? After all, if Gerry and Jane left almost simultaneously, with only five minutes between them then how was it possible for Gerry to check his children in the bedroom, to go to the toilet – where he stayed for a while -, to return to the restaurant and even stop to chat with his tennis friend within only five minutes, to a point where Jane guaranteed that, when she passed them both on her way to her apartment, Gerry was already on his way back? Is it possible that Gerry was chatting with Jez while he was still on his way to the apartment, after all? Bien sûr. And how to explain the fact that neither Gerry nor his friend – who was later questioned in England – ever remember seeing Jane, despite the fact that she stated that when she passed them, they were all on the same sidewalk?

This whole contradiction is relevant to the case when one realises that, according to the testimony from Jane Tanner – which is further sustained by a scheme that she drew concerning these movements -, she states that after passing by Gerry and Jez, while walking in the direction of her apartment, she saw, a few metres ahead, on the corner, an individual carrying a child. Never on her way back. It would be that testimony that would become the base that sustains the entire abduction theory that still remains in so many people's minds. And the suspect was walking in the direction of Robert Murat's villa. Therefore, it was Jane's testimony that, despite the contradictions, came to sustain the entire abduction theory that pointed towards Robert Murat. The first description that was made by this friend of the couple pointed towards a man aged between 35 and 40, slim, 1,70 m tall, very dark, thick hair that was short but long in the neck area. As she had only seen him from behind, she could not detail his face. But that didn't prevent her from asserting, later on, that she had indeed seen Robert Murat.
Elle a dit qu'elle reconnaîtrait son allure.
Jane also said that she returned to the restaurant after checking on her children, and guaranteed to the PJ that Gerry was no longer on the street talking to his friend, because she found him at the 'Tapas' in the company of his wife, Kate. After 15 to 20 minutes, it was time for Jane's husband, Russell O’Brien, to check on his daughters, accompanied by Matthew Oldfield. Russell est parti faire une ronde 10/15' après le retour de Jane. The latter passed through the McCanns' apartment but failed to verify whether Madeleine was in bed or not, as he admits that he was only concerned about hearing any noises from the inside. Meanwhile, Russell stayed in his bedroom caring for his daughter, which is why Jane ate rapidly and went to relieve her husband from the bedroom. Russell returned to the restaurant and that was the moment when Kate got up to check on her three children's sleep. It was 10 or 10.15 pm. Mais non justement, Russell est revenu à 21h45 selon lui-même et selon le serveur. Kate est partie vers 21h50. And Jane Tanner was in her apartment when she heard Kate McCann and another friend from the group, Fiona Payne, shouting that Madeleine had disappeared. From that moment on, it would be utter confusion, which led us into a situation that dragged on for months, and finally ended for now, with the case being archived without a corpse or an abductor appearing.
If anyone abducted or concealed Madeleine McCann's cadaver, that was, until this moment, the perfect crime.
Un crime parfait, ou plutôt un recel de cadavre parfait, si l'on s'obstine à dresser une ligne de temps conformément aux indications des protagonistes qui, outre l'imprécision, n'ont guère fait d'effort de cohérence, en partie parce qu'ils n'en voyaient pas l'intérêt par rapport à l'enfant perdue de vue, en partie parce qu'ils cherchaient à se protéger du côté de la responsabilité parentale et en partie enfin parce qu'ils avaient le sentiment, avec des demi-vérités, de servir la bonne cause, celle de l'enlèvement.